Unai Emery, un désigné coupable victime ?

Après 2 saisons riches en terme de titres et d’événements, l’aventure d’Unai Emery prend fin au Paris-Saint-Germain. Pour certains, il incarne la fameuse « remontada » qui représente un profond traumatisme pour les supporteurs du club francilien, pour d’autres un technicien compétent qui a ramené 7 nouveaux titres au palmarès du club en 2 ans. Après avoir annoncé lui-même son départ en fin de saison, l’entraîneur espagnol s’est confié au journaliste et chroniqueur football Daniel Riolo dans l’émission « Transversales » sur SFR Sport, de manière consciente ou non, Unai Emery a dévoilé certains éléments intéressants qui permettent de mieux comprendre ses 2 années au club de la capitale. Alors, coupable ou victime ?

Le contexte particulier de son arrivée au PSG

Au lendemain d’une défaite amère face à Manchester City en quart de finale de Ligue des Champions, Laurent Blanc, alors coach du club, est licencié alors qu’il avait été prolongé quelques mois plus tôt. Ne trouvant pas de grands noms sur le marché et faisant face aux refus de certains entraîneurs cotés, les dirigeants décident d’engager Unai Emery, coach peu connu en France, qui vient de remporter 3 Ligue Europa consécutive avec le club espagnol de Séville. Avant même sa présentation, le doute et les critiques émergent : est-il assez compétent ? Peut-il entraîner un grand club alors qu’il n’a pas d’expérience en LDC ? Peut-il gérer un groupe de stars ? Ainsi, après le départ de l’icône Zlatan Ibrahimovic qui a fait couler beaucoup d’encres, Unai Emery pose ses bagages à Paris dans un contexte qui lui est peu favorable d’entrée.

La problématique du schéma tactique 

Si Séville a brillé sur la scène européenne, elle le doit à Emery et à son système préférentiel : le 4-2-3-1. Fraîchement arrivé au PSG, celui-ci veut reproduire ce schéma avec Javier Pastore en tant que milieu offensif central derrière Edinson Cavani. Si les supporteurs du club se réjouissent d’avance après plusieurs années passées dans un 4-3-3 efficace, mais parfois un peu soporifique sous Laurent Blanc, l’embellie sera de courte durée : le meneur de jeu argentin passe la moitié de la saison à l’infirmerie tandis que certains joueurs cadres de l’effectif parisien sont réticents à perturber leurs habitudes et à évoluer dans ce système de jeu. Ainsi, après une première moitié de saison décevante en terme de résultat, Unai Emery revient au 4-3-3 avec un trio de joueur au milieu composé de Matuidi, Verrati et de Thiago Motta en pointe basse.

« La remontada » : le coup de poignard des joueurs à l’entraîneur

Il est inutile de revenir sur le résultat de ce match, celui-ci a été suffisamment commenté, voir même raillé sur les réseaux sociaux. Toutefois, il faut revenir sur deux points importants qui permettent de mieux comprendre l’atmosphère pesante qui règne autour du départ du technicien espagnol : d’une part, les joueurs parisiens ont craqué mentalement et d’autre part, ils n’ont pas respectés les consignes de l’entraîneur. Alors qu’Unai Emery voulait que ses joueurs exercent une pression sur les joueurs barcelonais avec un bloc haut, c’est tout le contraire qui s’est déroulé : l’équipe a été coupée en 2 et le bloc défensif est resté très bas, posant un problème de transmission entre les joueurs à vocation défensive et les joueurs à vocation offensive. Confirmée par Adrien Rabiot dès l’issue du match, cette désobéissance des joueurs explique, en partie, l’échec du club parisien sur la scène européenne.

Le véritable problème du PSG : ses dirigeants 

Si le PSG échoue depuis l’arrivée des Qataris sur la scène européenne, ce n’est pas à cause de la qualité de ces joueurs ou de ses entraîneurs successifs, mais à cause de ses dirigeants. En effet, le problème du club parisien est un problème de fond : l’instabilité de l’institution. Comment un entraîneur peut-il imposer ses idées alors que certains joueurs ont des passe-droit, que les dirigeants cèdent aux caprices de certains joueurs (l’exemple de la prolongation de Rabiot est significatif du mal qui ronge le club) et que l’entraîneur ne fait pas l’objet de soutien dans la presse de la part de ses dirigeants ? Aujourd’hui, le problème du PSG a un nom : Nasser Al Khelaïfi. Jugé trop proche de ses joueurs, parfois considéré comme un second père pour certains, et omniprésent dans les fonctions exécutives du PSG, il représente un frein pour la progression du club francilien. Si le PSG veut être un grand club, un seul et même homme ne peut pas être à la fois président, directeur sportif, confident et papa poule de certains joueurs. Preuve en est, certains s’interrogent sur le rôle d’Antero Henrique, directeur sportif du club débarqué au club l’été dernier, qui intervient peu dans les médias et qui semble être en retrait ces derniers mois. Si « Nasser » est apprécié par les supporters, c’est lui qui a décider de chercher, prolonger puis licencié, quasiment dans la foulée Laurent Blanc, qui a nommé Patrick Kluivert, dont le rôle au sein du club est encore très obscur pour la majorité des observateurs, même un an après son départ ou qui a décider de chercher des joueurs comme Lucas ou Jesé. Alors, si Emery est annoncé comme le coupable de l’échec du club sur la scène européenne ces deux dernières saisons, tout comme son prédécesseur avant lui, ne serait-il pas finalement temps de changer les dirigeants du club pour enfin « rêver plus grand » ?

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