Only God Forgives, le silence vaut plus que les mots

À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue.
Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers.
Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics … (source : Allociné).

Ce film, ou devrais-je plutôt dire ce projet, est un ovni. Encore maintenant, alors que je vous écris ces mots, je ne sais pas si Only God Forgives est la matérialisation d’un esprit fou (en l’occurrence celui de Nicolas Winding Refn, le réalisateur du film) ou tout simplement un chef-d’oeuvre, aussi bien spirituel que cinématographique. C’est… déroutant.

Alors mettons fin à cette introduction qui n’a que peu d’importance et passons au concret : vous devez voir ce film.

1375258419_1.jpg

Dans un rythme continuellement au ralenti, le film se déroule dans une ambiance aussi chaude que le climat du pays dans lequel l’histoire a lieu (en Thaïlande, plus précisément à Bangkok). Plongé dans des teintes de rouge, d’orange, de jaune, mais aussi de bleu, OGF est autant terrifiant qu’envoûtant. De plus, ce ne sont pas les dialogues qui changeront cette atmosphère car il y en a très peu et ils ne sont pas importants : ce sont les silences qui en disent long dans ce film.

only-god-forgives-5onlygod2

Cependant, ce film ne se distingue pas que pour son atmosphère et son ambiance surprenante. En effet, les thématiques de cette oeuvre sont toutes aussi étonnantes : jalousie entre frères, la soumission d’un homme à une mère aussi terrifiante que dominatrice, l’importance de la vengeance familiale, la justice, la recherche de l’amour à travers le regard et les sensations, mais surtout l’existence d’un justicier tout-puissant, Dieu. De plus, tout un jeu est mis en place avec la musique, qui tangue entre des mélodies fortes et minimalistes, et des mélodies douces et faites de pleins d’éléments. Bref, OGF cherche à surprendre le spectateur afin de le placer sur un fil, dans une situation qui n’est jamais confortable. Ce film cherche la compréhension dans l’incompréhension. Vous suivez ?

still_onlygodforgives-1050x567968full-only-god-forgives-screenshot-1

Avec en tête d’affiche un Ryan Gosling au sommet de sa forme et qui rappelle sa prestation dans Drive, à savoir un personnage au silence bruyant et au calme violent, ce film met en place tout un jeu sur la personnalité de Julian, le personnage principal. A la limite de la schizophrénie, certainement liée à son passé et à une relation conflictuelle avec sa mère, ce protagoniste est à la recherche de l’amour dans un tourbillon de rejet. Cette thèse est renforcée par les nombreuses faces-caméras de ce film, où seul le visage statique des personnages apparaissent pendant plusieurs secondes, comme si le réalisateur poussait le spectateur à trouver de l’émotion là où il n’y en a pas. Troublant.

only-god-forgives-une-nouvelle-bande-annonceOnly-God-Forgives-074

Ce qui m’a marqué dans ce film, ce sont les rapprochements fait avec Dieu, avec le libre arbitre dans un premier temps, puis la conséquence des actes des personnages dans un second temps. S’il y a bien quelque chose sur laquelle je peux être sûr avec ce film, c’est que le réalisateur a eu une approche spirituelle, une approche divine avec ce projet. En effet, dès que Chang apparaît, c’est l’admiration et la lumière claire qui dominent, comme si cet homme représentait la lumière et la vérité, alors que dès que la mère et Julian apparaissent, l’obscurité et les lumières sombres reprennent le dessus.

only-god-forgives_2152716

Nous arrivons donc au terme de cette chronique, qui est à l’image de ce film : déroutante. En effet, je suis incapable de juger ce film en tant que produit de cinéma, je suis seulement certain d’une chose : il mérite d’être vu et donc je vous le conseille vivement. Mais attention, son visionnage demande beaucoup de réflexions et derrière chaque acte, plusieurs significations et interprétations peuvent être tirées. Méfiez-vous des jugements attifes. En somme, Only God Forgives n’est un pas un film ordinaire, mais un guide spirituel que nous transmet son réalisateur. Prêt à passer la prochaine heure et demie la plus étrange de votre vie ?

Tu as aimé cet article et tu veux m’aider à faire vivre ce site ? N’hésite pas à faire un petit don alors !

Malgré des milliers de vues par mois et un plan Premium sur WordPress, je n’ai récolté que quelques centimes après plusieurs mois de travail et de nombreuses heures passées derrière mon écran avec mon petit blog. Du coup, si tu as envie de m’aider à faire vivre ce site tout en me permettant de gagner un peu ma croûte avec, j’ai mis en place ce petit système de dons qui, bien entendu, n’est pas obligatoire. La bise !

€1,00

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s