Alors « Disizilla », ça vaut quoi ?

A 40 ans et après plus de 20 ans de carrière, Disiz La Peste a sorti son 12ème album studio le 14 septembre dernier, intitulé « Disizilla ». Comédien, écrivain et rappeur, Sérigne M’Baye Gueye de son vrai nom, est de retour 1 an après son album précédent, Pacifique, avec rage et de manière frontale, n’hésitant pas à qualifier ce nouvel album d’irréfléchi et laid. Utilisant l’écriture comme échappatoire avec Disizilla, ce dernier était très attendu par ses fans et les observateurs du rap francophone. Alors Disizilla, ça va quoi ? 

Disiz-Kaiju-Disizilla

Véritable pionner du rap francophone actuel, Disiz prouve une nouvelle fois, avec Disizilla, qu’il est un artiste intemporel en constante évolution, à l’image d’un Kaïju. Honnêtement, ce que j’ai entendu dans cet album, je ne pense pas l’avoir entendu autre part.

Avec un univers musical monstrueux, au sens premier, à la clé, j’ai aperçu un Disiz plus humain qu’il n’a jamais été : rage, colère, douceur ou même fragilité, celui qu’on surnomme Peter Punk maîtrise parfaitement une large palette d’émotions et se dévoile à ses auditeurs. La conséquence ? On ressent une démarche sincère dans Disizilla et bon Dieu que c’est rafraîchissant ! 

Disiz-la-peste-2018

A vrai dire, en bon interprète qu’il est, Disiz m’a touché avec ce nouvel album. Oui, je n’ai pas honte de vous dire qu’en écoutant des titres comme Tout Partira et Ulysse (en featuring avec un de ses enfants), j’ai eu les yeux rouges. Ça devait être une poussière.

Plus sérieusement, j’ai été surpris par la richesse des textes du natif d’Amiens. En effet, avec déjà 11 projets solo avant Disizilla et un album précédent qui vient seulement de souffler sa première bougie, je ne m’attendais pas à me prendre une telle claque lyricale. Avouant en interview qu’il a beaucoup souffert ces derniers temps avec le cancer de sa mère, la quarantaine atteinte ou encore le fait d’avoir peur d’être un mauvais père comme fut le sien, Disiz avait beaucoup de choses à dire, beaucoup de démons à libérer. 

Se comparant à un monstre dans Kaïju, critiquant les réseaux sociaux et la société de consommation avec Hendek, dévoilant son rapport avec sa mère dans Terre promise, parlant du paradoxe qu’est l’amour avec l’humain dans Owi ou encore en montrant sa relation avec le temps qui passe dans Tout partira, celui qui rappait J’pète les plombs en 2000 semble véritablement péter les plombs maintenant, en 2018 et à 40 ans. Ça valait le coup d’attendre.

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De plus, il m’est impossible de vous parlez de Disizilla sans vous dire à quel point cet album illustre une vraie maturité musicale chez son créateur. L’exemple le plus frappant ? La qualité des vocales qui m’a laissé sur le cul. Malgré 20 ans de carrière, ce rappeur est encore capable de se réinventer, rester à la page sans tomber dans la pâle copie de ce qui est tendance actuellement. Bref, un véritable artiste.

Alors non Disiz, tu n’es pas un monstre, tu es certainement le plus humain d’entre nous, ce qui est la raison de ton mal-être, mais aussi de ton talent…

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Coups de cœur : Kaïju, Disizilla, Mahboul, Terre promise, Cercle rouge ft. Niska, Tout Partira et Ulysse ft. Eari. 

Coups de blues : aucun ! 

Note : 18/20

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5 commentaires sur “Alors « Disizilla », ça vaut quoi ?

  1. Je ne sais pas si vous étiez particulièrement sensible et réceptif au moment où vous avez écouté Disizilla, mais la poussière qui vous a irrité l’œil s’est transformée en nuage d’émotions, de belles émotions. Mes yeux n’ont pas échappé à ce grain de poussière non plus, le vent sans doute! Votre critique, vous l’aurez compris, m’a beaucoup touchée par son côté humain, foncièrement humain, fort mais si fragile en même temps. Une critique qui se fond dans ce que chante Disizilla de toutes ses tripes : l’humain dans ses fêlures, ses fractures, ses souffrances, ses doutes, mais aussi l’humain dans sa beauté, sa générosité, son talent, sa tendresse, son amour. Un duo émouvant, touchant où chacun amplifie l’autre, le magnifie. Merci beaucoup Thomas pour ces instants profondément émouvants et précieux parce qu’humains tout simplement.

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